5K open gate, RAW interne 16 bits, prix à 4 700 £, la Sony FX5 succède à la FX3 et surprend les experts avec mieux encore

5K open gate, RAW interne 16 bits, prix à 4 700 £, la Sony FX5 succède à la FX3 et surprend les experts avec mieux encore

Sony lance la FX5, successeure directe de la FX3, avec un capteur plein format empilé de 16,6 MP, l’enregistrement open gate 5K et du RAW interne 16 bits. Les cadences progressent jusqu’à 120 i/s en 5K et 240 i/s en 4K, tandis que l’autonomie grimpe d’environ 30% grâce à une nouvelle batterie. La caméra est annoncée à partir de 4 700 , pour une disponibilité à partir d’août.

Sur le segment des caméras cinéma compactes, la FX3 s’est imposée sur de nombreux tournages depuis 2021. La FX5 vise le même public, mais avec une liste d’évolutions qui touchent à la fois la qualité d’image, l’ergonomie de plateau et la chaîne de postproduction.

Sony FX5: open gate 5K et capteur empilé 16,6 MP

L’évolution la plus visible sur la fiche technique est l’arrivée de l’enregistrement open gate. Pour la première fois sur cette gamme, Sony permet d’exploiter la totalité du capteur en 3:2, et plus seulement des découpes en 16:9 ou plus étroites. Concrètement, ce mode donne plus de latitude au montage, notamment pour recadrer sans perdre trop de définition, ou pour livrer plusieurs formats à partir d’un même plan, comme du 16:9 pour une diffusion classique et du 9:16 pour des extraits verticaux.

Cette ouverture est rendue possible par un nouveau capteur plein format empilé de 16,6 mégapixels, en hausse par rapport aux 12 MP de la FX3. Le gain de résolution sert d’abord la vidéo, puisque l’open gate fait passer l’enregistrement de la zone 4K habituelle à une capture 5K. Pour les équipes qui stabilisent, recadrent ou compositent, cette marge peut réduire le besoin de suréchantillonnage externe ou de prises supplémentaires.

La notion de capteur empilé compte aussi pour la lecture plus rapide des données. Dans l’usage, cela vise une meilleure gestion des mouvements rapides et des panoramiques, avec une réduction potentielle des artefacts liés au rolling shutter. Sony ne communique pas ici un chiffre précis de lecture, mais l’orientation stacked place la FX5 dans une catégorie plus ambitieuse que la FX3 sur ce point.

Sur le terrain, l’open gate répond à une demande devenue fréquente. Les productions alternent de plus en plus entre plateformes, parfois avec des demandes tardives de déclinaisons. Un plan capté en 3:2 offre davantage de marge pour adapter le cadre, ce qui peut faire gagner du temps quand les contraintes de tournage limitent les reprises.

Ce choix a aussi des implications de workflow: plus de pixels signifie plus de débit, plus de stockage et des proxys parfois utiles. Sur une caméra compacte, la promesse consiste à offrir cette flexibilité sans imposer un écosystème externe lourd.

Cadences: 120 i/s en 5K et 240 i/s en 4K pour le ralenti

La FX5 élargit nettement le champ des cadences disponibles. Sony annonce jusqu’à 120 images/s en 5K et jusqu’à 240 images/s en 4K. Pour les opérateurs, cela change la manière d’aborder des séquences d’action, de sport, de publicité ou de clip, où le ralenti est souvent un outil narratif et esthétique, pas seulement un effet.

Le passage à 120 i/s en 5K est un point notable, car il combine résolution et vitesse, deux paramètres qui obligent souvent à choisir sur des boîtiers compacts. Dans une logique de postproduction, capturer en 5K à haute cadence peut permettre un ralenti fluide tout en conservant de la marge de recadrage, utile pour des plans stabilisés ou pour ajuster un raccord.

Le 240 i/s en 4K vise un usage plus spécialisé, mais très demandé en publicité produit, en captation de gestes, ou en séquences où le détail du mouvement compte. Ces cadences impliquent généralement des contraintes d’éclairage plus strictes, car l’augmentation de la vitesse d’obturation réduit la quantité de lumière par image. C’est là que les progrès annoncés sur le traitement d’image et la sensibilité entrent en jeu.

Sur le plan pratique, ces modes sollicitent aussi fortement les supports d’enregistrement. Les débits élevés peuvent rendre certains formats ou certaines cartes obligatoires, ce qui a un impact direct sur le budget média et sur l’organisation du tournage, surtout quand il faut enchaîner de longues prises.

Le gain de cadence s’inscrit dans un ensemble: capteur, processeur, gestion thermique et codecs. Sony positionne la FX5 comme une caméra pensée pour tenir ces modes en interne, tout en restant dans un gabarit très proche de la FX3.

RAW interne 16 bits, triple ISO et stabilisation héritée de l’A7R VI

Autre nouveauté structurante, la FX5 propose l’enregistrement RAW interne 16 bits. Jusqu’ici, sur de nombreux systèmes compacts, le RAW de haute qualité s’obtenait au prix d’un moniteur-enregistreur externe, avec les contraintes associées: câblage, alimentation, points de fixation, risques de faux contacts et complexité accrue sur un rig léger. En intégrant le RAW en interne, Sony vise les tournages agiles, où l’on cherche à limiter le matériel tout en gardant un maximum de latitude en étalonnage.

La FX5 reçoit aussi un triple ISO de base, un choix qui vise à offrir plusieurs paliers optimisés selon les conditions de lumière. Pour les opérateurs, l’intérêt est de pouvoir basculer vers un palier plus adapté en basse lumière, avec un niveau de bruit mieux contrôlé qu’une simple montée en ISO. Sony évoque également une amélioration des performances en faible luminosité, portée par le nouveau traitement.

La stabilisation interne est annoncée au niveau de celle de l’A7R VI. Dans les usages documentaires, corporate ou événementiels, où le tournage à main levée est fréquent, une stabilisation plus efficace peut réduire le recours à un gimbal, ou permettre de le réserver à des plans spécifiques. Cela ne remplace pas tous les outils de stabilisation, mais peut rendre plus fiables des plans de transition, des suivis courts, ou des prises dans des espaces exigus.

Le cur de calcul évolue aussi: Sony intègre le Bionz XR2 en double processeur et une puce IA comparable à celle de l’A7R VI. L’objectif affiché porte sur l’autofocus et le suivi de sujets, un point devenu central dans les productions légères, avec une équipe réduite. Un suivi plus robuste peut sécuriser des plans en mouvement, notamment sur des focales plus longues ou des ouvertures très grandes.

Ces avancées techniques ont une conséquence directe: elles rapprochent la FX5 d’un usage cinéma plus exigeant, tout en conservant un format compact. Pour certains tournages, cela peut faire basculer le choix entre une caméra légère et une caméra plus volumineuse, surtout si le RAW interne évite d’alourdir le rig.

Ergonomie: nouvelle batterie NP-SA100, interface Venice et outils de monitoring

Sur le plan du design, la FX5 reste très proche de la FX3. Sony annonce un poids d’environ 750 g, soit seulement 35 g de plus, avec toujours plusieurs points de fixation sur le boîtier et des boutons personnalisables. Le changement le plus concret se situe du côté de la poignée, plus volumineuse, car elle intègre la nouvelle batterie NP-SA100.

Cette batterie, apparue sur l’A7R VI, augmente l’autonomie annoncée d’environ 30%, avec une estimation autour de 170 minutes d’enregistrement en 5K. Pour un tournage, ce gain peut réduire la rotation des batteries, limiter les interruptions et simplifier la gestion énergétique, surtout quand la caméra est montée sur un rig, un bras ou un véhicule, où remplacer une batterie prend plus de temps.

Sony aligne aussi la FX5 sur l’ergonomie logicielle de ses caméras cinéma plus haut de gamme. L’interface vidéo uniquement est annoncée comme proche de celles des Venice, Burano et FX6, avec des ajustements matériels comme une molette multifonction de type Venice, un joystick, et une lampe tally. Pour des équipes qui alternent entre plusieurs boîtiers Sony sur un même projet, cette cohérence peut réduire le temps d’adaptation et les erreurs de réglage.

Le volet monitoring progresse également: la FX5 ajoute false color, waveform, vector et focus map, en plus des outils déjà présents comme l’histogramme, les zébras et le peaking. Sur un tournage, ces instruments servent à contrôler l’exposition et la colorimétrie plus finement, et à sécuriser la mise au point, en particulier quand le cadre et la lumière évoluent vite.

Ce type d’outillage était souvent réservé à des caméras plus chères ou à des moniteurs externes. L’intégrer dans un boîtier compact vise un public qui veut voyager léger sans sacrifier les contrôles de plateau, notamment pour des documentaires, des interviews multi-situations ou des captations où l’on doit réagir rapidement.

Prix à 4 700, cartes CFexpress Type A et arbitrages de production

La FX5 est annoncée à partir de 4 700 en version boîtier nu, avec une disponibilité à partir d’août. Ce positionnement tarifaire la place au-dessus de la FX3 à son lancement, et renvoie à la logique de mise à niveau globale: capteur, processeur, formats, monitoring et autonomie. Pour les sociétés de production, l’arbitrage se fait souvent sur le coût complet, pas seulement sur le boîtier, en intégrant médias, batteries, stockage, sauvegardes et temps de postproduction.

Un point de friction demeure: les deux emplacements cartes acceptent toujours les SD et les CFexpress Type A de Sony, mais pas les Type B, plus répandues sur certains environnements. Pour une équipe déjà équipée en Type A, la transition est plus simple. Pour les autres, l’investissement peut être significatif, surtout si les modes 5K et les hautes cadences imposent des débits qui rendent les SD moins adaptées selon les réglages choisis.

Ce choix de Type A s’inscrit dans une logique de compacité, ces cartes étant plus petites, mais il a un impact budgétaire immédiat. Dans les productions où plusieurs caméras tournent en parallèle, le parc de cartes doit suivre, avec des doublons pour la sécurité, des rotations pendant la sauvegarde et des procédures de vérification. La facture média peut donc peser dans la décision d’adoption, au même titre que le prix du boîtier.

La FX5 introduit aussi une réflexion sur la postproduction: l’open gate, le 5K, le RAW interne et les hautes cadences multiplient les besoins en stockage et en puissance de calcul. Certaines structures opteront pour des proxys systématiques, d’autres pour un étalonnage plus sélectif. Le bénéfice recherché est une image plus flexible et une captation plus future-proof, mais cela suppose une organisation solide des rushes.

Dans ce contexte, la FX5 peut séduire les indépendants qui veulent une caméra unique pour des projets variés, et les sociétés qui cherchent une caméra B ou C cohérente avec un écosystème Sony plus haut de gamme. Entre le gain de latitude en cadre, les outils de monitoring intégrés et le RAW interne, la promesse est celle d’un tournage plus léger sans renoncer à des standards de finition attendus sur des livraisons professionnelles.

Caractéristique Sony FX3 (2021) Sony FX5 (2026)
Capteur Plein format 12 MP Plein format empilé 16,6 MP
Open gate Non Oui, 3:2
Résolution max annoncée 4K 5K
Cadence max annoncée Variable selon modes 120 i/s en 5K, 240 i/s en 4K
RAW interne Non 16 bits interne
Batterie Génération précédente NP-SA100, +30% env.
Outils monitoring Histogramme, zébras, peaking Ajout false color, waveform, vector, focus map
Prix de lancement Selon marchés 4 700 (boîtier)

Crédit image : PantheraLeo1359531 / wikimedia (CC BY 4.0)