Samsung commence à livrer certains smartphones Galaxy avec Amazon Music préinstallé, une décision perçue par une partie des utilisateurs comme du bloatware. Le sujet touche à la fois au choix des applications, à l’espace de stockage et aux accords entre fabricants et services. La question centrale porte sur la possibilité de désinstaller proprement l’application, ou seulement de la désactiver.
Ne pas utiliser Amazon Music ne change rien au constat, l’application arrive déjà sur le téléphone, et le débat sur la surcouche logicielle repart.
Samsung et Amazon Music: une préinstallation qui relance le débat sur le bloatware
La préinstallation d’applications tierces n’est pas nouvelle dans l’écosystème Android, mais le cas de Samsung avec Amazon Music remet en lumière une pratique régulièrement critiquée. Dans le langage courant, le terme bloatware désigne ces applications ajoutées par défaut, sans demande explicite de l’utilisateur, et jugées peu utiles par une partie du public. Le problème n’est pas seulement symbolique, il se mesure aussi en expérience d’usage, en notifications potentielles et en encombrement de l’écran d’accueil ou du tiroir d’apps.
Sur les smartphones, la frontière entre application partenaire et application imposée dépend de plusieurs détails concrets: l’app est-elle installée comme un paquet système, peut-elle être supprimée, ou seulement désactivée, et quel est son comportement au premier démarrage. Dans certains cas, une application préinstallée peut rester silencieuse, dans d’autres elle invite l’utilisateur à se connecter, à accepter des autorisations ou à activer des essais. C’est souvent ce ressenti qui alimente la critique, plus que le poids réel en mégaoctets.
Pour Amazon, la présence d’Amazon Music sur des millions d’appareils représente un avantage d’acquisition évident, puisque l’application se retrouve dans le parcours de découverte, au même niveau que des services déjà connus comme Spotify ou YouTube Music. Pour Samsung, ces accords peuvent contribuer à financer une partie des coûts logiciels, à soutenir des campagnes commerciales ou à renforcer des partenariats plus larges. Le revers, c’est l’impression, côté utilisateur, de perdre la maîtrise de son appareil dès l’allumage.
Cette controverse s’inscrit aussi dans un contexte où les fabricants tentent de différencier leurs appareils par des services, des boutiques et des écosystèmes. Samsung propose déjà ses propres applications, et l’ajout d’une app musicale tierce peut être perçu comme une couche de plus. Le sujet dépasse donc Amazon Music, il touche à la question de savoir à qui appartient l’écran d’accueil, au constructeur, au partenaire, ou à l’utilisateur final.
Le débat prend souvent de l’ampleur lorsque des utilisateurs constatent des installations automatiques après une mise à jour, ou lors de l’activation d’un nouveau téléphone. Même si la préinstallation est légale et courante, elle reste un point de friction, car elle intervient avant tout choix explicite. Dans ce dossier, la clé sera de savoir sur quels modèles Galaxy la préinstallation s’applique, dans quels pays, et si l’utilisateur dispose d’une option claire pour supprimer l’app sans contournement.
Peut-on désinstaller Amazon Music sur Galaxy, ou seulement désactiver l’application?
La question la plus pratique pour les propriétaires de Galaxy concerne le degré de contrôle réel sur Amazon Music. Sur Android, deux situations existent: une application normale installée via le Play Store ou une boutique constructeur, qui peut en général être désinstallée, et une application intégrée à l’image logicielle, parfois traitée comme app système, qui peut n’offrir qu’une option de désactivation. La différence n’est pas anodine, car une app désactivée peut rester présente dans le stockage interne, même si elle ne s’exécute plus.
Dans l’interface One UI, la désinstallation dépend souvent du statut de l’application et des choix du constructeur. Lorsqu’une application est désinstallable, l’option apparaît directement via un appui long sur l’icône, ou dans Paramètres, Applications. Quand seule la désactivation est possible, l’utilisateur peut couper l’app, empêcher ses notifications, retirer ses autorisations et la sortir de l’écran d’accueil, mais il ne récupère pas toujours l’intégralité de l’espace occupé. Pour des smartphones avec un stockage limité, l’enjeu reste concret, même si les tailles d’apps varient selon versions.
Un autre point sensible concerne les mises à jour. Une application préinstallée peut recevoir des mises à jour via le Google Play ou via une boutique Samsung, ce qui signifie que même désactivée, elle peut réapparaître sous certaines conditions, par exemple après une réinitialisation ou lors d’une restauration de sauvegarde. Certains utilisateurs signalent aussi que des applications partenaires reviennent lors du processus de migration d’un ancien téléphone, si des profils de configuration ou des packs opérateur sont appliqués.
La présence d’apps préinstallées soulève aussi des questions de confidentialité perçue. Une application musicale a potentiellement accès à des fonctions réseau, à des identifiants publicitaires, et peut inciter à l’activation d’un compte. Même si rien n’indique un usage abusif, l’utilisateur peut souhaiter réduire la surface applicative au strict nécessaire. Dans cette logique, la possibilité de supprimer totalement Amazon Music est un critère de confiance, plus qu’un simple confort.
Pour les utilisateurs avancés, il existe des méthodes via ADB pour retirer des paquets d’apps au niveau utilisateur, mais ces procédures dépassent largement l’usage grand public et peuvent varier selon modèles. L’enjeu journalistique reste donc simple: sur un téléphone vendu au grand public, l’option de désinstallation doit être claire, accessible et durable. Si la majorité des appareils concernés n’offrent qu’une désactivation, la critique bloatware a de fortes chances de persister, même si l’impact technique réel reste limité.
Accords commerciaux, opérateurs et One UI: pourquoi ces apps arrivent sur les smartphones
La préinstallation d’une application comme Amazon Music s’explique rarement par un choix technique pur. Elle relève souvent d’un accord commercial, d’un partenariat de distribution ou d’une intégration liée à des offres groupées. Dans l’industrie mobile, ces accords peuvent prendre plusieurs formes: paiement pour placement, partage de revenus sur les abonnements, ou campagnes d’acquisition où l’application est mise en avant sur l’écran d’accueil. Pour un constructeur, ces revenus peuvent compenser une partie des coûts de support logiciel, de marketing ou de services.
Les opérateurs jouent aussi un rôle historique dans le phénomène de bloatware. Selon les marchés, un même modèle Galaxy peut être vendu en version nue ou avec un firmware opérateur, qui ajoute ses propres applications et parfois celles de partenaires. Dans certains pays, l’utilisateur peut acheter un téléphone subventionné ou en forfait, et accepter implicitement une configuration logicielle plus chargée. Cette réalité rend le sujet difficile à généraliser: deux utilisateurs du même Galaxy, dans deux pays différents, peuvent ne pas vivre la même expérience.
L’interface One UI ajoute une couche supplémentaire. Samsung a développé un écosystème complet avec ses propres services, son magasin d’applications et des intégrations maison. Dans ce cadre, promouvoir une application partenaire peut être vu comme une extension logique de la stratégie, mais cela heurte une partie des clients qui achètent précisément Samsung pour la qualité matérielle, l’écran, la photo, et une promesse de maîtrise logicielle. La préinstallation d’un service musical tiers peut être perçue comme une contradiction, surtout si Samsung propose déjà des options de lecture multimédia ou des intégrations avec d’autres plateformes.
Le sujet du bloatware revient aussi à chaque génération de smartphones parce que les usages se sont standardisés. Beaucoup d’utilisateurs ont déjà un service musical, souvent lié à un abonnement familial ou à un écosystème, et n’ont aucune raison d’en tester un nouveau. Dans ce contexte, l’ajout par défaut d’Amazon Music ressemble à une publicité persistante, même si l’application reste passive. C’est une différence importante avec une simple suggestion dans une boutique, car ici l’application est déjà installée, visible, et potentiellement mise en avant.
D’un point de vue industriel, ces pratiques ne devraient pas disparaître rapidement, car elles s’inscrivent dans la bataille pour l’attention et la récurrence d’abonnement. Les services musicaux se disputent des parts de marché au sein d’un secteur où le coût d’acquisition est élevé. Installer l’application à la source, au moment où l’utilisateur configure son téléphone, reste l’un des leviers les plus efficaces. La question devient alors politique et réglementaire: jusqu’où un constructeur peut-il imposer des applications tierces sans dégrader l’expérience et la confiance?
Conséquences pour les utilisateurs Galaxy: stockage, notifications et concurrence des services musicaux
Pour les utilisateurs, l’impact immédiat de Amazon Music préinstallé se mesure à plusieurs niveaux. Le premier est l’encombrement visuel: une icône de plus, parfois placée dans un dossier ou sur un écran d’accueil par défaut. Le deuxième concerne les notifications et sollicitations éventuelles, surtout si l’application pousse des offres d’essai, des recommandations ou des rappels de connexion. Même si ces messages peuvent être désactivés, cela demande une action de l’utilisateur, qui n’a pas demandé l’app au départ.
Le troisième niveau est le stockage. Une application musicale peut inclure des bibliothèques, des ressources et des modules, et son poids peut augmenter avec les mises à jour. Sur un smartphone moderne avec 128 Go ou plus, l’impact peut sembler marginal, mais il devient plus sensible sur des modèles d’entrée de gamme, ou sur des appareils déjà remplis de photos, vidéos et applications. La question se pose aussi pour les utilisateurs qui veulent limiter les apps installées pour des raisons de performance perçue, même si l’effet sur la vitesse est souvent difficile à quantifier sans mesures.
Cette préinstallation s’inscrit dans un marché où la concurrence est forte entre Spotify, YouTube Music, Apple Music et Amazon Music. Le simple fait d’être présent par défaut peut influencer les essais, surtout chez les utilisateurs qui découvrent un smartphone Android pour la première fois, ou qui n’ont pas encore d’abonnement. Pour les concurrents, c’est un avantage de distribution difficile à compenser, car il intervient avant même que l’utilisateur ouvre le Play Store. Le débat touche donc à l’équité de l’accès au marché, même si Android reste globalement ouvert au téléchargement d’apps alternatives.
Pour Samsung, le risque principal est réputationnel. Une partie de la clientèle premium attend une expérience propre, avec un minimum d’applications imposées. La marque communique beaucoup sur la qualité de son matériel et sur la durée de suivi logiciel, et l’accumulation d’apps préinstallées peut brouiller ce message. Les critiques sont souvent plus vives quand l’utilisateur a le sentiment de payer cher un appareil qui ressemble ensuite à un support publicitaire.
À court terme, la plupart des utilisateurs chercheront une solution simple: supprimer l’icône, désactiver l’app, couper ses notifications et passer à autre chose. À moyen terme, si la préinstallation s’étend à davantage de modèles Galaxy ou à davantage de pays, le sujet pourrait alimenter des comparaisons entre marques, au même titre que la politique de mises à jour ou la présence d’apps partenaires. Le choix de Samsung de renforcer ou non ce type de partenariats sera observé de près, notamment par les utilisateurs les plus sensibles à la sobriété logicielle.
Comparatif: préinstallation Amazon Music, alternatives et options de suppression
Pour clarifier les options, il est utile de distinguer ce que l’utilisateur peut faire immédiatement et ce qui dépend du modèle, du pays ou du firmware. Dans la pratique, la majorité des smartphones Android permettent au minimum de désactiver une application préinstallée, de retirer ses autorisations et de bloquer ses notifications. La désinstallation complète dépend du statut de l’application dans le système. Les alternatives, elles, restent accessibles via téléchargement, mais elles n’effacent pas le fait que l’app préinstallée occupe une place par défaut.
Le tableau ci-dessous résume les scénarios typiques rencontrés par les utilisateurs, sans présumer du comportement exact sur chaque référence Galaxy. Il sert de grille de lecture pour vérifier, dans Paramètres, Applications, ce qui est possible sur son appareil. Dans tous les cas, la présence d’un service musical préinstallé n’empêche pas d’utiliser un concurrent, mais elle ajoute une étape de configuration, ce qui suffit à irriter une partie du public.
| Élément | Amazon Music préinstallé | Alternative installée par l’utilisateur | Option la plus courante sur Galaxy |
|---|---|---|---|
| Statut initial | Présent dès l’allumage | Ajout volontaire | Icône visible, parfois en dossier |
| Suppression | Dépend du firmware | Désinstallation simple | Désactivation fréquente si app système |
| Notifications | Variables selon réglages | Contrôlées par l’utilisateur | Blocage possible dans Paramètres |
| Stockage | Occupation minimale à modérée | Selon l’app choisie | Peut rester même désactivée |
| Concurrence | Avantage de visibilité | Découverte via Play Store | Spotify et YouTube Music restent accessibles |
Pour vérifier la situation exacte, l’utilisateur peut ouvrir Paramètres, Applications, rechercher Amazon Music, puis regarder si le bouton Désinstaller apparaît ou si seule l’option Désactiver est proposée. Le résultat varie souvent selon la région et l’opérateur. Dans le débat public, ce détail compte, car il détermine si la préinstallation relève d’un simple partenariat visible ou d’une intégration difficile à retirer.
Ce dossier met aussi en lumière une attente grandissante: que les fabricants laissent davantage de place au choix initial, par exemple via un écran de sélection d’apps lors de la configuration. Tant que cette logique n’est pas généralisée, chaque nouvelle préinstallation, qu’elle concerne la musique, les jeux ou les achats, risque de relancer la même controverse sur le bloatware et le contrôle de l’utilisateur sur son smartphone.